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Cette contribution vise à interroger la fabrication de savoirs paysagers (i.e. socio-écologiques) dans le cadre d’une pensée-action adoptant « le point de vue de l’habitant » (Ingold, 2016). Pour cela, elle s’appuie sur les résultats d’une thèse en recherche-projet visant à mettre en place une coopérative habitante de paysage (CHP) dans le territoire de la communauté de communes de l’Estuaire (Haute Gironde). Ce dispositif est conçu pour accompagner les initiatives locales produisant de l’innovation sociospatiale dans un territoire de marge. La démarche d’analyse repose sur la méthode du récit. Les investigations mobilisent différents outils visant à fabriquer collectivement des savoirs situés. Un de ces outils est le conte paysager. Il permet de s’introduire dans une culture locale en partant des gestes, des relations, des émotions d’habitants attachés. L’objectif est de proposer un retour réflexif à un monde vécu fait d’interactions entre humains et non-humains. Les résultats obtenus montrent de quelles manières les savoirs paysagers peuvent éclairer la « boîte noire » du projet de paysage. Cela permet de préciser ce qui fait la spécificité des savoirs paysagers par rapport à d’autres savoirs situés et, par là même, de mieux cerner les contours de la figure de l’habitant et de sa participation dans l’action territoriale. The aim of this article is to examine the production of socio-ecological knowledge relating to the landscape within the framework of thought-action adopting the ‘inhabitant’s point of view’ (Ingold, 2016). To do this, it draws on the results of a research project aimed at creating an inhabited landscape cooperative (in French, Coopérative habitante de paysage or CHP) within the area of the Estuaire grouping of municipalities in the region of Haute Gironde. The scheme is designed to support local initiatives resulting in socio-spatial innovation in outlying areas. The study is based on a narrative approach. The research uses a range of tools aimed at collectively generating situated knowledge. One of these tools is the landscape narrative. It provides insight into local culture via the actions, relationships and emotions of the inhabitants. The aim is to offer a reflexive perspective of an inhabited environment composed of interactions between humans and non-humans. The results show how landscape knowledge can shed light on the ‘black box’ of the landscape project. This makes it possible to identify what makes landscape knowledge special compared to other types of situated knowledge and, by the same token, to better define the profiles of the inhabitants and the scope of their participation in territorial action. |